Le lion’s mane Hericium erinaceus est un champignon comestible dont la revue systématique de 2025 retient 5 essais randomisés chez l’humain, sans pouvoir les regrouper en méta-analyse. L’essai de 2009 sur des troubles cognitifs légers porte sur 30 personnes pendant 16 semaines, et les scores sont retombés 4 semaines après l’arrêt.
Les pages de vente promettent la mémoire et la concentration. Voici ce que désigne ce nom, ce que retient la revue de 2025, le détail d’un essai, les effets indésirables, les personnes pour lesquelles rien n’est établi et le moment de consulter.
Ce que désigne le nom
Hericium erinaceus est un champignon comestible à longs filaments blancs, appelé lion’s mane en anglais, crinière de lion ou hérisson en français, Yamabushitake au Japon. Il se consomme frais ou sous forme de poudre et d’extrait dans des compléments. Les repères pour reconnaître un champignon avant de le consommer sont détaillés dans un autre article.
Ce que la revue de 2025 retient
Une revue systématique publiée dans Frontiers in Nutrition le 1er septembre 2025 a passé en revue la littérature PubMed de janvier 2000 à juin 2024.
| Type d’étude | Nombre |
|---|---|
| Essais randomisés chez l’humain | 5 |
| Essais pilotes | 3 |
| Cohorte et cas clinique | 1 et 1 |
| Études de laboratoire | 15 |
| Analyse informatique | 1 |
Sur 26 études, 5 seulement sont des essais randomisés chez l’humain. Les auteurs n’ont pas pu faire de méta-analyse, faute de données complètes, et concluent à une « efficacité limitée dans les essais cliniques ». Ils demandent des essais plus grands et plus longs. Le tableau de leur revue contient aussi des incohérences de dose et d’effectif sur deux essais.
Un essai sur troubles cognitifs légers : 30 personnes, 16 semaines
L’essai de Mori et collaborateurs, publié en 2009 dans Phytotherapy Research, a porté sur des Japonais de 50 à 80 ans atteints de troubles cognitifs légers. Trente personnes ont été réparties en deux groupes de 15, l’un sous placebo, l’autre sous 4 comprimés de 250 mg trois fois par jour pendant 16 semaines, soit 3 g par jour de poudre sèche.
Aux semaines 8, 12 et 16, le groupe champignon avait des scores plus élevés sur l’échelle HDS-R que le groupe placebo. Quatre semaines après l’arrêt, ses scores avaient baissé de façon significative.
Ce que cet essai ne permet pas de conclure : 30 personnes, sur une seule population et une seule durée, ne suffisent pas pour une recommandation. L’adresse de l’auteur correspondant est celle du laboratoire des champignons d’une société, Hokuto Corporation : un lien d’intérêt à garder en tête.
Effets indésirables et personnes sans données
Les essais recensent surtout des effets légers : gêne gastrique, diarrhée, maux de tête, et, dans un essai pilote, nausées et éruption cutanée. Un cas clinique de 2003 décrit une détresse respiratoire aiguë chez un homme de 63 ans qui en consommait depuis des années ; les auteurs de la revue écrivent que le lien de cause à effet n’est pas établi.
Aucune donnée n’a été lue pour la grossesse, l’allaitement, l’enfant ni les interactions avec des médicaments. Ce silence ne vaut pas feu vert : il justifie de demander un avis avant d’en prendre.
Une perte de mémoire, de la confusion ou des troubles de l’attention qui s’installent se montrent à un médecin, parce que seul un examen médical en détermine la cause. Prenez-vous déjà un médicament ? Son interaction éventuelle avec un complément se vérifie auprès d’un pharmacien.
Sources
- Menon A. et coll., « Benefits, side effects, and uses of Hericium erinaceus as a supplement: a systematic review », Frontiers in Nutrition, 2025
- Mori K. et coll., « Improving effects of the mushroom Yamabushitake (Hericium erinaceus) on mild cognitive impairment », Phytotherapy Research, 2009
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