La griffe du diable, ou harpagophytum, a un usage traditionnel reconnu en Europe pour le soulagement de douleurs articulaires mineures. Pour la douleur articulaire, l’Agence européenne des médicaments demande un avis médical au-delà de 4 semaines et contre-indique la plante en cas d’ulcère gastrique ou duodénal actif. Les revues d’études jugent la preuve clinique limitée.
Voici ce que l’Europe reconnaît, les formes décrites, les précautions, puis ce que les études permettent de conclure.
Ce que l’Europe reconnaît
La monographie européenne sur la racine d’harpagophytum, adoptée le 12 juillet 2016 par le comité des médicaments à base de plantes de l’Agence européenne des médicaments, ne retient que l’usage traditionnel, c’est-à-dire fondé sur un long usage.
Deux indications y figurent : le soulagement de douleurs articulaires mineures et le soulagement de troubles digestifs légers, comme les ballonnements, les flatulences et la perte d’appétit temporaire.
Les formes décrites
La monographie décrit les préparations pour l’adulte et fixe des doses par préparation. Voici trois exemples pour la douleur articulaire :
| Forme | Dose décrite |
|---|---|
| Tisane de racine | 4,5 g dans 500 ml d’eau bouillante, infusion de 8 heures, en 3 prises |
| Extrait sec aqueux (rapport 5-10:1) | 200 à 400 mg par prise, 2 à 3 fois par jour, soit 600 à 800 mg par jour |
| Extrait sec hydro-éthanolique (rapport 2,6-4:1) | 400 à 800 mg par prise, 2 à 4 fois par jour |
Le temps d’infusion décrit est de 8 heures. La durée d’usage est bornée : si les symptômes persistent plus de 4 semaines pour la douleur articulaire, ou plus de 2 semaines pour les troubles digestifs, la monographie demande de consulter un médecin ou un professionnel qualifié.
Précautions et contre-indications
La monographie contre-indique la plante en cas d’hypersensibilité et d’ulcère gastrique ou duodénal actif. Avez-vous un ulcère de l’estomac ou du duodénum en cours ?
En cas de calculs biliaires, la monographie demande l’avis d’un médecin avant l’emploi. Une douleur articulaire accompagnée de gonflement, de rougeur ou de fièvre est à faire examiner. L’usage avant 18 ans n’est pas recommandé, et la grossesse et l’allaitement non plus, faute de données.
Les effets indésirables rapportés, de fréquence inconnue, sont des troubles digestifs (diarrhée, nausées, vomissements, douleurs abdominales), des maux de tête, des vertiges et des réactions d’hypersensibilité (éruption, urticaire, gonflement du visage). Aucune interaction avec d’autres médicaments n’est rapportée, et aucun cas de surdosage non plus.
La monographie demande l’avis d’un médecin pour une douleur articulaire accompagnée de gonflement, de rougeur ou de fièvre, et au-delà de 4 semaines d’usage. Ces informations sont générales et ne remplacent pas celles d’un médecin ou d’un pharmacien.
Ce que disent les études
Une revue publiée dans Frontiers in Pharmacology en 2026 relève que les études cliniques, surtout dans l’arthrose et la lombalgie, suggèrent un bénéfice possible pour certaines préparations, mais que la base de preuves reste limitée : petits échantillons, formulations et doses variables, suivis courts, peu d’essais de haute qualité contre les anti-inflammatoires non stéroïdiens.
La revue conclut que la plante ne peut pas être présentée comme un remplaçant général de ces médicaments.
Une méta-analyse de 2017 sur les plantes commercialisées au Brésil contre l’arthrose, qui a réuni 16 études et 1 741 patients, ne comptait qu’un seul essai sur l’harpagophytum, sans différence avec le groupe contrôle. Les auteurs jugent les preuves insuffisantes, la qualité des études étant faible.
Avant d’en prendre
- Vérifiez l’absence d’ulcère gastrique ou duodénal actif, de calculs biliaires, de grossesse ou d’allaitement.
- Relevez la forme et la dose indiquées sur le produit.
- Notez la date de début : au-delà de 4 semaines, un avis médical est demandé.
- Consultez en cas de gonflement, de rougeur ou de fièvre.
- Gardez la notice ou l’étiquette du produit pour retrouver sa forme et sa dose.
Sources
- Agence européenne des médicaments, comité HMPC, monographie sur Harpagophytum procumbens et Harpagophytum zeyheri, racine, EMA/HMPC/627057/2015, 12 juillet 2016, consultée le 18 octobre 2026
- Frontiers in Pharmacology, 2026, revue sur l’harpagophytum dans les troubles musculo-squelettiques (PMID 42394971)
- Phytotherapy Research, 2017, méta-analyse sur les plantes dans l’arthrose (PMID 28872719)
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