Une portion de 5 g de persil frais apporte 61 µg de vitamine K1, soit 81 % de la valeur de référence, et 11 % de celle de la vitamine C. Sous anticoagulant anti-vitamine K, l’agence du médicament demande de la régularité plutôt que l’exclusion des aliments riches en vitamine K. Les effets antioxydant et diurétique reposent sur peu d’études humaines.
Avant les bienfaits, une précaution : la vitamine K du persil intéresse les personnes sous anticoagulant. Voici cette précaution, ce qu’une portion apporte, ce que les études montrent de l’effet antioxydant et diurétique, puis ce qui reste incertain.
D’abord la vitamine K : la précaution avec les anticoagulants
Prenez-vous un anticoagulant de la famille des anti-vitamine K ? La vitamine K intervient dans la coagulation, et ces médicaments agissent contre elle.
L’ANSM répond qu’il n’est pas nécessaire de changer son alimentation, en citant les aliments riches en vitamine K : brocolis, laitue, épinards, choux, choux-fleurs et choux de Bruxelles. En théorie, ils peuvent diminuer l’effet du médicament. En pratique, ils ne sont pas interdits, à condition de les répartir régulièrement dans l’alimentation et de les consommer sans excès.
Le persil ne figure pas dans cette liste. Pourtant, pour 100 g de produit cru, il contient davantage de vitamine K que les légumes cités, selon la base américaine USDA :
| Aliment cru (100 g) | Vitamine K (µg) |
|---|---|
| Persil frais | 1 640 |
| Épinards | 483 |
| Laitue verte | 126 |
| Brocoli | 102 |
| Chou | 76 |
La base française donne 1 220 µg pour 100 g, avec une fourchette de 360 à 5 480 µg selon la variété et la culture. La portion retenue pour le persil est de 5 g, et c’est elle, non les 100 g, qui mesure l’apport. La consigne de l’ANSM porte à la fois sur une répartition régulière et sur l’absence d’excès. Pour le persil en infusion concentrée, en jus ou en complément, aucune donnée officielle n’a été relevée : l’avis du médecin ou du pharmacien s’impose avant de changer ses habitudes.
Ce que contiennent 5 g de persil
La fiche d’Aprifel, qui reprend les tables de composition Ciqual 2020 de l’ANSES et les valeurs de référence du règlement européen n° 1169/2011, donne les apports d’une portion de 5 g, soit quelques brins hachés :
| Nutriment | Pour 5 g | Part de la valeur de référence |
|---|---|---|
| Vitamine K1 | 61 µg | 81,33 % |
| Vitamine C | 8,85 mg | 11,06 % |
| Vitamine A (équivalent) | 42,08 µg | 5,26 % |
| Vitamine B9 | 6,70 µg | 3,35 % |
Les autres vitamines couvrent moins de 6 % de ces valeurs. La vitamine C du persil se cite souvent pour 100 g, avec 177 mg selon la même fiche : une quantité que personne ne mange. À 5 g, elle représente 11 % de la valeur de référence. Les valeurs varient avec la variété, la saison et la maturité du persil.
Antioxydant, diurétique : ce que les études montrent
Le persil contient des flavones, 303 mg pour 100 g selon la même fiche, dont l’apigénine. Un essai humain a été publié en 1999 dans le British Journal of Nutrition : 14 volontaires, sept hommes et sept femmes, ont suivi pendant deux semaines un régime contrôlé pauvre en flavones, avec du persil l’une des semaines. L’excrétion urinaire d’apigénine a augmenté, et l’activité de deux enzymes antioxydantes des globules rouges aussi.
Aucun changement significatif n’est apparu sur le marqueur d’oxydation des protéines du plasma, et deux autres enzymes antioxydantes n’ont pas changé ; les auteurs relèvent aussi une tendance globale à la baisse de ces enzymes sur les deux semaines. L’essai est court et petit : il ne permet pas de conclure à un effet protecteur.
Pour l’effet diurétique, une revue de 2007 du Journal of Ethnopharmacology classe le persil parmi les espèces les plus prometteuses, avec un nombre d’études limité et la recommandation d’en mener d’autres.
Une revue de 2024 de Frontiers in Medicine rapporte des effets bénéfiques sur le stress oxydatif et la fonction rénale dans des études animales, et des améliorations modestes de la composition urinaire dans des études humaines limitées. Ces travaux, modestes, ne permettent pas d’attribuer au persil un effet sur les reins chez l’humain.
Grossesse, reins, fortes doses : ce qui reste incertain
La revue de 2024 range la sécurité du persil à forte dose, ses interactions avec les médicaments et son usage pendant la grossesse parmi les points qui demandent des études supplémentaires. Aucun texte d’une agence sanitaire n’a été relevé sur ces sujets : pour une grossesse, une maladie rénale ou un traitement, l’avis d’un professionnel de santé prime.
Ce qu’il faut retenir
- Une portion de 5 g couvre 81 % de la valeur de référence en vitamine K1 et 11 % en vitamine C.
- Sous anticoagulant anti-vitamine K, la régularité des apports compte, d’après l’agence du médicament.
- Les effets antioxydant et diurétique restent à confirmer par des essais cliniques.
- Infusion concentrée, jus, complément, grossesse : un professionnel de santé est à consulter.
Sources
- Aprifel, fiche nutritionnelle « Persil » (données Ciqual 2020 de l’ANSES).
- ANSM, « Les questions/réponses des anti-vitamine K (AVK) », publié le 13 janvier 2021, mis à jour le 17 mars 2021.
- USDA, base FoodData Central, SR Legacy.
- Nielsen S.E. et coll., British Journal of Nutrition, 1999.
- Revues : Journal of Ethnopharmacology, 2007 ; Frontiers in Medicine, 2024.
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