Costus indien : ce que les études disent vraiment de ses bienfaits, et ses risques

Costus indien : ce que les études disent vraiment de ses bienfaits, et ses risques

26 septembre 2026
Costus indien : ce que les études disent vraiment de ses bienfaits, et ses risques
26 septembre 2026

En bref

Les bienfaits prêtés au costus indien, Saussurea costus, anti-inflammatoire, digestif, respiratoire, reposent sur des études en laboratoire et chez l’animal : aucun essai clinique solide ne les a confirmés chez l’humain. La plante expose en revanche à des réactions allergiques, à un risque de confusion avec des aristoloches toxiques pour les reins, et sa sécurité n’est pas établie pendant la grossesse.

Ce qu’est la plante, l’état des preuves allégation par allégation, les risques documentés, les personnes qui doivent s’abstenir, et ce que dit la réglementation française et européenne.

Une racine d’Himalaya, trois médecines traditionnelles

Le costus indien est la racine de Saussurea costus, aussi nommée Saussurea lappa, une plante de la famille des Astéracées qui pousse en altitude dans l’Himalaya. Elle est employée depuis des siècles dans l’ayurveda, la médecine traditionnelle chinoise et la médecine prophétique, où elle porte le nom de qist al hindi.

Dans la tradition musulmane, des hadiths la citent parmi les plantes recommandées, au même titre que la nigelle, autre graine de la médecine prophétique.

Cet article ne se prononce pas sur cette dimension : les questions de sihr ou de roqya relèvent de la foi, et aucune étude ne peut les trancher. Il traite de ce que la plante a montré, ou pas, dans les études, et des risques connus.

Ce que les études montrent, et sur qui

Le niveau de preuve se lit d’abord au type d’étude. La racine contient des lactones sesquiterpéniques, surtout le costunolide et la déhydrocostus lactone, qui concentrent l’essentiel de la recherche. Les effets anti-inflammatoires, antimicrobiens ou antioxydants ont été observés sur des cellules en culture, sur des bactéries en boîte de Pétri ou dans des études animales chez le rat, avec des extraits ou des molécules isolées, à des doses sans équivalent établi chez l’humain.

Pour la thyroïde, souvent citée, une revue publiée en 2020 dans le Saudi Medical Journal conclut que les données sont insuffisantes et non concluantes : un effet a été observé chez l’animal, pas en clinique. Aucun essai randomisé de bonne qualité n’a mesuré chez l’humain les bienfaits digestifs, sur les voies respiratoires ou immunitaires annoncés par les vendeurs de poudre et de gélules.

Allégation couranteType d’étude disponibleConclusion possible
Anti-inflammatoirecellules, animalune piste de recherche, pas un effet démontré chez l’humain
Digestion, ballonnementsusage traditionnel, animalaucune preuve clinique
Toux, rhume, asthmeusage traditionnel, laboratoireaucune preuve clinique
Immunité, infectionslaboratoire (activité antimicrobienne in vitro)un effet en boîte de Pétri ne dit rien d’un effet dans l’organisme
Thyroïdeanimal, revue de 2020non prouvé pour un usage clinique

Une activité mesurée en laboratoire justifie des recherches. Elle ne permet pas de conclure qu’une poudre ou une gélule vendue au détail produira le même effet chez vous.

Les risques connus avant tout bienfait

Une plante allergisante

Les lactones sesquiterpéniques de la racine provoquent des dermatites de contact, des effets indésirables sur la peau parfois vifs.

Le risque est assez établi pour que l’huile de racine de costus soit interdite comme ingrédient parfumant dans les cosmétiques vendus dans l’Union européenne, au titre du règlement européen sur les produits cosmétiques. L’application d’huile sur la peau, conseillée par de nombreux vendeurs, expose précisément à cette réaction.

La confusion avec les aristoloches

Le costus appartient à un groupe de plantes dont les noms traditionnels se recoupent, notamment en médecine chinoise, où plusieurs racines différentes portent des appellations voisines. Certaines sont des aristoloches, qui contiennent de l’acide aristolochique, toxique pour le rein et cancérogène.

Important

L’agence américaine du médicament, la FDA, range le genre Saussurea parmi les ingrédients à risque d’être remplacés ou mélangés par des espèces contenant de l’acide aristolochique. Une poudre de racine d’origine non tracée peut donc exposer à une substance qui a déjà causé des insuffisances rénales graves. Le risque tient à la filière d’approvisionnement, pas à la seule plante.

Des questions de toxicité non tranchées

La revue de 2020 relève aussi des effets mutagènes observés in vitro et chez l’animal, et un potentiel génotoxique et embryotoxique soulevé, sans données humaines pour les confirmer ou les écarter. En l’état, cette incertitude ne se lit pas comme un feu vert.

Qui doit s’abstenir

Les données de sécurité manquent, et les contre-indications reconnues par prudence sont nombreuses :

  • grossesse et allaitement : sécurité non établie, et potentiel embryotoxique soulevé ;
  • enfants : aucune donnée de dose ni de sécurité ;
  • allergie connue aux Astéracées, comme l’ambroisie, l’arnica ou la camomille : risque de réaction croisée ;
  • maladie rénale : le risque de confusion avec les aristoloches pèse plus lourd ;
  • traitement médicamenteux au long cours : aucune étude sur les interactions n’a été publiée.

Prenez-vous un traitement quotidien, ou suivez-vous une maladie chronique ? La question se pose au médecin ou au pharmacien avant la première prise, pas après. Un symptôme digestif, respiratoire ou thyroïdien qui dure relève d’un examen médical, parce que ce qu’il cache ne se voit pas dans une gélule de plante.

Ce que dit la réglementation

En France, la racine de Saussurea costus figure sur la liste des plantes autorisées dans les compléments alimentaires, fixée par un arrêté du 24 juin 2014, avec les lactones sesquiterpéniques parmi les substances à surveiller. L’autorisation porte sur la mise sur le marché, pas sur une efficacité : aucune allégation de santé n’est validée pour cette plante.

Espèce protégée, la plante est aussi inscrite depuis 1975 à l’annexe I de la convention de Washington, la CITES, qui protège les espèces menacées : le commerce international de racines prélevées dans la nature est interdit, seule une production cultivée sous permis pouvant circuler. Une poudre vendue sans origine précise pose donc deux questions à la fois, celle de la plante réellement présente et celle de sa provenance.

Avant d’en acheter

  1. Ne pas en attendre un effet démontré : les bienfaits annoncés n’ont pas été confirmés chez l’humain.
  2. Écarter la plante en cas de grossesse, d’allaitement, d’allergie aux Astéracées, de maladie rénale ou de traitement en cours, et en parler d’abord au médecin ou au pharmacien.
  3. Refuser une poudre ou une huile sans nom latin, sans origine et sans lot identifiés.

Une tradition ancienne dit comment une plante a été utilisée. Elle ne dit pas ce qu’elle fait dans l’organisme.

Sources

  • Mujammami M., « Clinical significance of Saussurea costus in thyroid treatment », Saudi Medical Journal, vol. 41, octobre 2020
  • FDA, liste des ingrédients botaniques susceptibles de contenir de l’acide aristolochique, import alert 54-10
  • Règlement (CE) n° 1223/2009 relatif aux produits cosmétiques, annexe II, entrée 1133
  • Arrêté du 24 juin 2014 établissant la liste des plantes autorisées dans les compléments alimentaires
  • CITES, annexe I, inscription de Saussurea costus (1975)
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Rédigé par
Émilie
J’écris sur la santé, le bien-être et la prévention, avec un intérêt particulier pour l’alimentation, les plantes et l’équilibre du quotidien. Mon objectif est de rendre ces sujets simples à comprendre et utiles dans la vie de tous les jours.

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