Bienfaits du cassis : ce que le fruit apporte vraiment, et ce que la feuille peut faire

Bienfaits du cassis : ce que le fruit apporte vraiment, et ce que la feuille peut faire

28 septembre 2026
Bienfaits du cassis : ce que le fruit apporte vraiment, et ce que la feuille peut faire
28 septembre 2026

En bref

Les bienfaits du cassis dépendent de la partie utilisée. Le fruit est un aliment très riche en vitamine C, 181 mg pour 100 g. La feuille a un usage traditionnel reconnu par l’agence européenne du médicament pour de petites douleurs articulaires et de petits troubles urinaires, réservé aux adultes et exclu quand une restriction de boissons est prescrite. Le bourgeon n’a fait l’objet d’aucune évaluation.

Les trois parties de la plante et leur niveau de preuve, puis la feuille et sa contre-indication, le fruit, le bourgeon, et ce que disent les études sur le moral, les yeux et l’inflammation.

Fruit, feuille, bourgeon : trois niveaux de preuve

Sous le même nom de cassis, le Ribes nigrum, se vendent trois produits qui n’ont pas le même statut : un fruit qui se mange, une feuille qui entre dans des médicaments traditionnels, un bourgeon employé en gemmothérapie, la préparation de macérats de bourgeons.

PartieCe qui est établiCe qui ne l’est pas
FruitTeneur en vitamine C mesurée, parmi les plus élevées des fruitsUn effet sur l’immunité propre au cassis, au-delà de la vitamine C
FeuilleUsage traditionnel reconnu au niveau européen, pour de petits troubles articulaires et urinairesUne efficacité démontrée par des essais cliniques
BourgeonRien : aucune monographie européenneLes effets « anti-inflammatoires » annoncés

La feuille : d’abord la contre-indication

La feuille de cassis augmente le volume d’urine. C’est ce qui fonde son usage, et c’est ce qui l’écarte dans certaines maladies.

Important

Selon la monographie européenne, les préparations de feuille de cassis ne s’utilisent pas quand une restriction de boissons est recommandée, par exemple dans une maladie cardiaque ou rénale sévère, et elles sont réservées aux adultes.

Suivez-vous un traitement ou une consigne de boisson pour le cœur ou les reins ? Si oui, la tisane de feuilles se discute avec le médecin avant la première tasse. Aucune interaction avec un médicament n’est connue à ce jour, ce qui ne vaut pas preuve d’innocuité.

La feuille : un usage traditionnel, pas démontré

L’Agence européenne des médicaments reconnaît à la feuille de cassis, dans sa monographie révisée en 2017, un usage traditionnel pour deux indications : les petites douleurs articulaires, et les petits troubles urinaires, en augmentant le volume d’urine pour « rincer » les voies urinaires.

« Traditionnel » a un sens précis : l’usage est reconnu sur la foi de son ancienneté et de sa plausibilité, non sur des essais cliniques. Les effets sur la douleur et l’inflammation ont été observés chez le rat et la souris ; aucun essai chez l’humain ne les confirme.

La monographie fixe aussi des limites : si les douleurs articulaires persistent au-delà de 4 semaines, ou les troubles urinaires au-delà de 2 semaines, ou s’ils s’aggravent, un médecin doit être consulté.

Le fruit : la vitamine C, chiffrée

Le cassis cru contient 181 mg de vitamine C pour 100 g, selon la table Ciqual 2020 de l’Anses, avec 5,8 g de fibres pour 71 kcal. C’est plus que les agrumes, et la valeur nutritionnelle de référence fixée par le règlement européen est de 80 mg par jour.

Prenons un exemple construit : une portion de 50 g de cassis frais apporte environ 90 mg de vitamine C, un peu plus que cette référence. Le chiffre vaut pour le fruit cru ; un jus, un sirop ou une confiture en contiennent moins, sucre en plus.

Le bourgeon : une réputation sans évaluation

Les macérats de bourgeons de cassis sont présentés comme anti-inflammatoires ou « anti-allergiques ». Aucune monographie européenne ne porte sur le bourgeon, et aucun essai clinique publié ne documente ces usages à ce jour.

Un macérat de bourgeons n’est pas une préparation de feuille : l’usage reconnu de la feuille ne s’y transpose pas.

Le moral, les yeux, l’inflammation

L’idée que le jus de cassis aide le moral repose sur de petits essais. Dans le plus cité, publié en 2019, 40 adultes sédentaires ont bu soit un jus de cassis néo-zélandais, soit un placebo, une heure avant une marche sur tapis : le groupe cassis a rapporté des sensations plus positives pendant l’effort, et l’activité d’une enzyme liée aux neurotransmetteurs a chuté.

Le résultat porte sur une prise unique, pendant une marche, chez 20 personnes par groupe. L’essai ne dit rien d’un effet sur une déprime ou une dépression, qui relèvent d’un médecin.

Tasse de tisane à côté d'un bol de feuilles de cassis séchées et de quelques baies

Pour les yeux, le foie ou l’inflammation, les anthocyanes, les pigments violets du fruit, sont étudiées en laboratoire, mais aucun essai clinique ne permet à ce jour d’annoncer un bénéfice chez l’humain.

Manger le fruit, réserver la feuille à son usage

Le fruit se mange pour ce qu’il est, une source de vitamine C. La feuille se prend en tisane pour les deux usages reconnus, par un adulte sans restriction de boissons, et pas plus de quelques semaines sans avis médical. Le bourgeon, lui, n’a rien d’établi.

Sources

  • Agence européenne des médicaments, monographie de l’Union européenne « Ribis nigri folium », révision 1, 19 décembre 2017
  • Anses, table de composition nutritionnelle des aliments Ciqual, 2020
  • Lomiwes D et al., « Timed consumption of a New Zealand blackcurrant juice support positive affective responses during a self-motivated moderate walking exercise in healthy sedentary adults », Journal of the International Society of Sports Nutrition, 2019
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Rédigé par
Émilie
J’écris sur la santé, le bien-être et la prévention, avec un intérêt particulier pour l’alimentation, les plantes et l’équilibre du quotidien. Mon objectif est de rendre ces sujets simples à comprendre et utiles dans la vie de tous les jours.

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