La valériane est déconseillée avant 12 ans, pendant la grossesse et l’allaitement. En Europe, seul un extrait sec éthanolique de la racine a un usage « bien établi » pour la tension nerveuse légère et les troubles du sommeil ; le jus, les extraits aqueux ou méthanoliques et les teintures relèvent de l’usage traditionnel. Une méta-analyse de 2020, sur 10 études et 1 065 personnes, ne tranche pas sur la qualité du sommeil.
Les contre-indications, le niveau de preuve selon la préparation, ce que montrent les essais et ce qu’ils ne permettent pas de conclure, puis les effets indésirables et le moment de consulter.
Avant le bienfait : à qui la valériane est déconseillée
Selon l’Agence européenne des médicaments, les médicaments à base de racine de valériane ne s’utilisent pas chez l’enfant de moins de 12 ans, ni pendant la grossesse ou l’allaitement. Ils peuvent aussi altérer l’aptitude à conduire ou à utiliser des machines. La fiche d’un comprimé d’extrait, dans la base Vidal, confirme la contre-indication avant 12 ans et classe la grossesse et l’allaitement en précaution.
Êtes-vous dans l’un de ces cas, ou allez-vous prendre le volant après la prise ? Si oui, la question se règle avant tout achat avec un médecin ou un pharmacien.
Le niveau de preuve change selon la préparation
Le mot « valériane » recouvre des produits qui n’ont pas le même statut. L’agence distingue un usage fondé sur des études cliniques et un usage fondé sur l’ancienneté.
| Préparation | Statut en Europe | Ce que cela signifie |
|---|---|---|
| Extrait sec éthanolique de la racine | Usage bien établi | Études cliniques publiées sur la tension nerveuse légère et les troubles du sommeil |
| Jus, extraits aqueux, extraits méthanoliques, teintures | Usage traditionnel | Efficacité plausible, preuves cliniques insuffisantes, usage sûr depuis au moins 30 ans |
| Complément alimentaire | Hors de l’évaluation | Les compléments n’obéissent pas aux mêmes exigences que les médicaments |
Les autres préparations de racine ont un usage traditionnel : il repose exclusivement sur un emploi ancien et non sur des résultats d’essais. Les compléments alimentaires sont hors du champ de l’évaluation de l’agence. Le résumé ne classe pas la tisane parmi les préparations évaluées : son statut n’y est pas précisé. Aucune dose n’est donnée ici : la notice d’un médicament autorisé fait foi.
Ce que montrent les essais sur le sommeil
Une revue systématique de 2020 porte sur la racine de valériane. Elle réunit 60 études et 6 894 personnes, dans trois bases de données, jusqu’à fin 2019. Pour la qualité du sommeil mesurée par les participants, la méta-analyse porte sur 10 études et 1 065 personnes.
L’effet combiné est de 0,36 en écart standardisé, une valeur positive allant dans le sens d’un meilleur sommeil, avec un intervalle de confiance à 95 % de −0,08 à 0,81. Pour l’anxiété, 8 études et 535 personnes.
Les doses des essais à prises répétées sur le sommeil vont d’environ 300 à 1 060 mg par jour, pendant 5 jours à 8 semaines. L’agence européenne note, pour l’extrait évalué, une meilleure efficacité après 2 semaines, et aucune étude comparative de longue durée.
Ce que l’étude ne permet pas de conclure
Les auteurs concluent que la valériane pourrait être une plante sûre et efficace pour favoriser le sommeil. L’intervalle de confiance du critère de qualité du sommeil inclut zéro : l’effet n’est pas statistiquement significatif.
La forte hétérogénéité des études (I² de 85 %) indique que leurs résultats diffèrent beaucoup les uns des autres. Le graphique en entonnoir suggère des données manquantes, et un biais de publication significatif est relevé pour l’anxiété. Les études ont été incluses quel que soit leur risque de biais. Les auteurs appellent eux-mêmes à revoir le contrôle de qualité, la standardisation et la durée de conservation des produits.
Effets indésirables et interactions
Les effets indésirables cités par l’agence sont des nausées et des crampes abdominales, de fréquence inconnue. Cette fiche ajoute des vomissements, des douleurs abdominales et des céphalées. Dans la revue de 2020, aucun événement grave n’est rapporté chez des personnes de 7 à 80 ans ; les événements légers sont des troubles digestifs, de la somnolence et des rêves intenses.
L’agence ne décrit aucune interaction avec d’autres médicaments. La fiche du comprimé d’extrait cite, elle, une précaution d’emploi : des antiacides, des résines chélatrices ou des laxatifs de type macrogol pris en même temps diminuent l’absorption d’un médicament pris par voie orale, avec un intervalle d’au moins 2 heures si possible. Elle mentionne aussi une interaction avec l’alcool et demande de ne pas en absorber pendant le traitement.
Quand consulter
La règle de l’agence est simple : si la tension nerveuse légère ou les troubles du sommeil persistent ou s’aggravent après 2 semaines d’usage continu, un médecin ou un pharmacien doit être consulté.
Un complément ou une tisane ne remplace ni un suivi médical ni un traitement prescrit. Des troubles du sommeil qui durent, une anxiété qui s’installe ou une prise de médicaments en parallèle se discutent avec un médecin ou un pharmacien, qui connaît le traitement en cours.
Sources
- Agence européenne des médicaments, « Assessment Report Summary for the Public: Valerian root », EMA/HMPC/387742/2025, 19 novembre 2025
- Shinjyo N., Waddell G., Green J., « Valerian Root in Treating Sleep Problems and Associated Disorders: A Systematic Review and Meta-Analysis », Journal of Evidence-Based Integrative Medicine, 21 octobre 2020
- Vidal, « Valériane extrait 500 mg comprimé », dernière modification du 22 octobre 2021
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