Le cortisol est une hormone vitale, haute le matin et basse la nuit : un taux réellement anormal se mesure par un bilan, pas au ressenti. L’ashwagandha est le complément alimentaire le plus étudié pour le faire baisser, sur des essais de qualité très variable. En 2024, l’agence sanitaire française a jugé impossible de fixer une dose sans risque et la déconseille notamment pendant la grossesse, avant 18 ans et en cas de trouble thyroïdien.
Ce qu’est le cortisol, ce que montrent les essais sur l’ashwagandha, les réserves de l’Anses, les autres compléments cités, ce qui agit sans complément, puis le moment d’en parler à un médecin.
Le cortisol, une hormone qui suit l’horloge
Le cortisol est fabriqué par les glandes surrénales, au-dessus des reins. Il n’a rien d’un poison à éliminer : il est indispensable, et son absence est grave. Son taux suit un rythme quotidien, élevé au réveil pour préparer l’organisme à la journée, puis de plus en plus bas jusqu’à la nuit.
Un stress qui dure peut dérégler ce rythme et s’accompagner d’un sommeil perturbé ou d’une prise de poids. La vidéo ci-dessous, avec une endocrinologue, résume ce fonctionnement et rappelle qu’un doute se vérifie par un bilan sanguin.
Fatigue et stress ne signifient pas à eux seuls un cortisol trop élevé. Sans dosage, « faire baisser son cortisol » reste une formule.
L’ashwagandha : ce que montrent les essais
L’ashwagandha, Withania somnifera, est une plante de la médecine ayurvédique dont la racine est utilisée. L’avis que l’Anses, l’agence nationale de sécurité sanitaire, lui a consacré en avril 2024 recense les essais cliniques, dont celui qui revient le plus souvent : un extrait de racine standardisé, 300 mg deux fois par jour pendant 60 jours, chez 64 personnes souffrant de stress chronique.
C’est sur cette dose et cette durée que porte la baisse du cortisol sanguin mesurée par rapport au placebo.
L’agence souligne que ces études cliniques sont de qualité très variable et pas toujours menées sur la population générale. Un essai de deux mois sur quelques dizaines de personnes ne dit rien de la sécurité d’une prise prolongée, ni de l’effet d’un autre extrait ou d’une autre dose.
Les réserves de l’Anses
La contre-indication passe avant le bienfait. En 2024, elle a conclu qu’il était impossible de définir un niveau de consommation sans risque, faute de données de qualité suffisante, en rejoignant les évaluations allemande, danoise et néerlandaise.
L’agence déconseille l’ashwagandha aux personnes suivantes, en raison d’effets rapportés sur les hormones thyroïdiennes et sexuelles, dont des cas de thyrotoxicose, et d’un usage traditionnel abortif.
- les femmes enceintes ou qui allaitent ;
- les moins de 18 ans ;
- les personnes atteintes d’un trouble endocrinien, en particulier de la thyroïde ou une hyperandrogénie ;
- les personnes atteintes de troubles du foie ou du cœur ;
- les personnes qui prennent un traitement agissant comme dépresseur du système nerveux central.
Ses effets sédatifs la rendent aussi déconseillée avant de conduire ou d’utiliser une machine. Prenez-vous un anxiolytique, un somnifère ou un traitement de la thyroïde ? Dans ce cas, la question se pose au médecin ou au pharmacien avant tout achat.
Les autres compléments cités
Les comparatifs en ligne ajoutent la rhodiola, une autre plante dite adaptogène, le magnésium souvent associé à la vitamine B6, ou la phosphatidylsérine. Aucune évaluation d’agence sanitaire française sur leur effet sur le cortisol n’a été retrouvée pour cet article : leur présence dans un classement ne vaut pas preuve.
La même prudence vaut pour les plantes du stress en général ; les fleurs d’aubépine, par exemple, ont leurs propres précautions d’emploi.
Ce qui agit sur le stress sans complément
Le rythme du cortisol se cale sur celui des journées : des heures de lever et de coucher régulières, la lumière du matin, une activité physique répétée et un sommeil suffisant agissent sur le stress sans risque d’interaction. Tenir un agenda du sommeil pendant deux semaines aide à voir ce qui se dérègle.
Ces changements prennent du temps, souvent plusieurs semaines, comme les compléments eux-mêmes. Aucun ne remplace une prise en charge quand le stress devient envahissant.
Quand en parler à un médecin
Une fatigue qui dure, une prise de poids inexpliquée, un sommeil durablement perturbé ou une anxiété qui gêne la vie quotidienne se montrent au médecin traitant. Lui seul peut juger s’il faut doser le cortisol, et à quelle heure, puisque le taux varie au fil de la journée.
Ce qu’il faut retenir
Le cortisol est une hormone vitale qui suit un rythme ; un excès se mesure, il ne se devine pas. L’ashwagandha est le complément le plus étudié, sur des essais courts et de qualité variable, et l’agence sanitaire la déconseille à plusieurs publics depuis 2024. Avant tout complément, un avis médical ou pharmaceutique, surtout en cas de traitement en cours.
Sources
- Anses, avis relatif aux risques liés à l’utilisation des préparations de Withania somnifera dans les compléments alimentaires, 19 avril 2024