L’Anses recommande de s’abstenir d’ashwagandha en cas de maladie thyroïdienne, hépatique ou cardiaque, d’hyperandrogénie, de grossesse ou de traitement sédatif, et par précaution pendant l’allaitement et avant 18 ans. Elle ne peut définir aucun niveau de consommation sans risque.
Les contre-indications passent avant tout bénéfice annoncé : c’est la liste que l’Agence nationale de sécurité sanitaire a publiée dans son avis du 19 avril 2024 sur les compléments alimentaires contenant de l’ashwagandha, de nom latin Withania somnifera.
Les personnes à qui l’Anses la déconseille
| Situation | Recommandation |
|---|---|
| Pathologie thyroïdienne (dysthyroïdie), hyperandrogénie | S’abstenir |
| Pathologie hépatique ou cardiaque | S’abstenir |
| Grossesse | S’abstenir |
| Traitement sédatif ou à action dépressive sur le système nerveux central | S’abstenir |
| Allaitement, moins de 18 ans | Ne pas consommer, par précaution, faute de données |
| Conduite d’un véhicule ou de machines | Déconseillé par le groupe de travail |
Ces recommandations viennent des suspicions d’effets indésirables sur la thyroïde, le foie, le cœur, le système nerveux central, la fertilité et le développement fœtal. Les effets sédatifs, mis en évidence dans des essais cliniques, motivent la mention de la conduite. Prenez-vous un traitement sédatif ou une hormone thyroïdienne ? Dans le premier cas, la recommandation est de s’abstenir ; dans les deux cas, un médecin ou un pharmacien est l’interlocuteur.
Ce que l’avis établit, et ce qu’il n’établit pas
Entre la création du dispositif de nutrivigilance en 2009 et septembre 2023, l’Agence a reçu 8 déclarations d’effets indésirables susceptibles d’être liés à ces compléments, dont 6 ont été analysées. Les effets les plus fréquemment rapportés sont digestifs (diarrhée, vomissements), une somnolence et des manifestations cutanées. L’imputabilité est majoritairement vraisemblable dans 4 cas, la sévérité est de niveau 1 (la plus faible) dans 3 cas, de niveau 2 dans 2 cas, et de niveau 3 sans menace du pronostic vital dans 1 cas. Aucun décès n’a été rapporté.
Ce petit nombre de cas ne dit pas que la plante est sans danger. Les études disponibles précisent rarement la nature des extraits étudiés et leur qualité est très variable : l’Agence conclut à l’impossibilité de définir un niveau de consommation sans risque. Elle relève aussi, dans la littérature, des produits censés contenir de la racine mais adultérés par des feuilles, riches en alcaloïdes. Les atteintes du foie restent des suspicions issues de publications, mais le seul cas de sévérité de niveau 3 parmi les déclarations analysées, d’imputabilité vraisemblable, était une hépatite aiguë ; les effets endocriniens, dont la thyrotoxicose, sont rapportés par des études cliniques de qualité très variable.
Les médicaments à signaler
Les données sur les interactions sont hétérogènes, selon l’avis, mais incitent à la plus grande prudence. La monographie de l’OMS, citée par l’avis, indique que la plante peut potentialiser les barbituriques et réduire les effets du diazépam et du clonazépam. Des interactions avec des antidiabétiques, des antithyroïdiens et des hormones thyroïdiennes ont aussi été évoquées. Il faut donc faire part de la prise à son médecin, et éviter de cumuler plusieurs compléments à la fois.
L’Agence note enfin qu’une réflexion analogue mériterait d’être menée pour d’autres denrées contenant la plante, notamment les tisanes.
Ce que disent d’autres pays
Les règles ne sont pas harmonisées en Europe. Le Danemark et l’Allemagne recommandent de ne pas utiliser la plante dans les compléments alimentaires, tandis que la Pologne en encadre l’emploi chez l’adulte, hors grossesse et allaitement, par un plafond de racine par jour. Un plafond national fixe une condition d’emploi, pas un niveau sans risque : l’Anses conclut qu’aucun niveau sans risque ne peut être défini, faute de données suffisantes. L’avis rappelle que la plante figure, dans la liste des plantes consolidée par la DGCCRF en 2019, sans restriction ni recommandation sanitaire particulière.
Qui en parler avant
Le médecin traitant ou le pharmacien est l’interlocuteur pour une personne qui prend un traitement, a une maladie de la thyroïde, du foie ou du cœur, ou est enceinte. Les effets indésirables suspectés d’être liés à un complément se déclarent à la nutrivigilance, que l’Agence demande aux professionnels de santé et aux fabricants de renseigner. Pour la gestion du stress et du cortisol, voir les compléments pour le cortisol.
Cet article décrit un avis d’une agence sanitaire, il ne pose aucun diagnostic et ne recommande aucune dose. Tout symptôme inhabituel apparu après la prise d’un complément se signale à un médecin.
Sources
- Anses, avis du 19 avril 2024 relatif aux risques liés à l’utilisation des préparations de Withania somnifera dans les compléments alimentaires, saisine n° 2021-SA-0077
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