- Une ferritine élevée n’indique pas toujours une surcharge en fer dans les organes.
- Le coefficient de saturation de la transferrine est crucial pour évaluer une surcharge en fer.
- Inflammation, infections ou syndrome métabolique peuvent aussi causer une hyperferritinémie.
- Les saignées thérapeutiques sont le traitement de référence pour l’hémochromatose confirmée.
Une prise de sang revient avec une ferritine élevée et, d’un coup, on s’imagine le pire. Est-ce que cela veut dire qu’on a vraiment trop de fer stocké dans le foie ou le cœur ? Pas forcément. Entre inflammation, foie fatigué, syndrome métabolique et hémochromatose, les scénarios n’ont rien à voir. Et les solutions non plus. Nous allons démêler tout ça simplement, avec une méthode de lecture des résultats, les examens utiles et les options de prise en charge. Vous vous demandez peut-être par où commencer ? On y va pas à pas.
Trop de fer dans le sang : de quoi parle-t-on exactement ?
Ici, l’enjeu est de différencier une hyperferritinémie « de laboratoire » d’une vraie surcharge en fer dans les organes. Une ferritine élevée peut être impressionnante sur le papier, mais elle ne raconte pas toute l’histoire à elle seule. Pour comprendre, il faut la replacer dans le bilan martial et dans votre contexte clinique.
Distinguer ferritine, fer sérique et transferrine avec des explications simples (bilan martial)
La ferritine est un marqueur des réserves de fer, un peu comme un « stock » dans l’organisme. Quand elle monte, cela peut refléter des réserves plus importantes… mais aussi une réaction inflammatoire. C’est pour cela qu’une ferritine élevée ne suffit pas à conclure.
Le fer sérique, lui, correspond au fer qui circule à l’instant T dans le sang. Il varie beaucoup selon l’heure, l’alimentation récente, et certaines situations médicales. On peut donc avoir un fer sérique normal (ou fluctuant) avec une ferritine très haute.
La transferrine est la protéine « transporteur » qui porte le fer dans le sang. L’indicateur le plus parlant est souvent le coefficient de saturation de la transferrine (CST), qui indique quelle proportion des « camions » est remplie. Un bilan martial regroupe généralement ferritine, fer sérique, transferrine (ou capacité totale), puis calcule la saturation : c’est la base pour interpréter sans se tromper.
Comprendre pourquoi une ferritine élevée peut refléter une inflammation (CRP), une infection ou un syndrome métabolique, et pas forcément une hémochromatose
La ferritine est aussi une protéine dite « de phase aiguë ». En clair, elle augmente quand il y a inflammation, même sans excès réel de fer stocké dans les tissus. Le réflexe utile consiste donc à regarder la CRP (protéine C-réactive) en même temps.
Une infection récente, une inflammation chronique (maladie inflammatoire, poussée douloureuse articulaire) ou un stress métabolique peuvent faire grimper la ferritine. Dans ces situations, la saturation de la transferrine reste souvent normale, et cela change complètement la suite. On ne poursuit pas les mêmes examens, et on ne vise pas les mêmes objectifs.
Le syndrome métabolique (surpoids abdominal, triglycérides élevés, glycémie limite) s’accompagne fréquemment d’une hyperferritinémie. On parle parfois d’hyperferritinémie liée à la stéatose hépatique métabolique. On peut alors retrouver des enzymes du foie légèrement perturbées, sans surcharge massive en fer.
Autrement dit : on peut avoir « trop » sur une ligne de résultats tout en ayant surtout un signal d’alarme sur l’inflammation ou le foie. Et, honnêtement, c’est plus fréquent qu’une hémochromatose découverte tardivement par hasard.
Pourquoi la ferritine monte : causes fréquentes et facteurs de risque
Pour avancer vite, on sépare les causes génétiques (hémochromatose) des causes secondaires (foie, transfusions, compléments, inflammation). Cette distinction évite de partir dans la mauvaise direction. Et elle aide à choisir les bons examens au bon moment.
Profil typique de l’hémochromatose HFE (mutations C282Y/H63D) et signaux d’alerte
L’hémochromatose héréditaire est souvent liée au gène HFE. Les mutations les plus connues sont C282Y et H63D, avec un risque plus marqué chez les personnes homozygotes C282Y. Le mécanisme est progressif : l’intestin absorbe trop de fer, année après année.
Le profil biologique classique associe souvent ferritine élevée et saturation de la transferrine élevée (souvent au-delà des seuils utilisés par les médecins). Ce duo fait davantage penser à une vraie surcharge qu’à une simple inflammation isolée. C’est l’association des deux qui pèse dans la balance, pas la ferritine seule.
Les symptômes peuvent rester discrets longtemps : fatigue persistante, douleurs articulaires, baisse de libido. Rien de spécifique, ce qui explique les diagnostics tardifs. Mais si l’on ajoute une saturation élevée et des antécédents familiaux, l’ensemble devient beaucoup plus évocateur.
Un point concret : on découvre souvent l’anomalie lors d’un bilan hépatique perturbé, ou à l’occasion d’un dépistage familial après diagnostic chez un proche. Si quelqu’un dans votre famille a eu un « trop de fer » confirmé, cela mérite d’être abordé tôt avec le médecin. Mieux vaut prévenir que réparer.
Foie, alcool, cytolyse hépatique, gamma-GT : explication pédagogique d’une ferritine haute sans surcharge majeure
Le foie stocke naturellement du fer et intervient dans de nombreux équilibres biologiques liés au métabolisme du fer. Lorsqu’il souffre (stéatose hépatique, alcool), on observe fréquemment une montée de ferritine qui reflète autant l’état du foie que les réserves réelles. C’est une situation très courante en pratique.
On parle parfois d’élévation associée à une cytolyse hépatique, visible sur les transaminases (ASAT/ALAT). La gamma-GT peut aussi augmenter si le foie est irrité ou si l’alcool joue un rôle. Dans ce contexte, la saturation de la transferrine n’est pas toujours très élevée, ce qui oriente différemment que l’hémochromatose.
L’alcool a un double effet : il favorise certaines atteintes hépatiques et peut perturber le métabolisme du fer. Résultat, la ferritine peut grimper franchement sur la prise de sang, sans que cela signifie automatiquement un dépôt massif dans les organes. L’interprétation doit donc rester globale.
Un exemple fréquent : stéatose hépatique à l’échographie (ou suspicion clinique avec tour de taille élevé), gamma-GT augmentée et CRP un peu haute. Dans ce cas, la priorité devient l’hygiène de vie et le bilan complet, plutôt que la panique autour du mot « fer ». On cherche d’abord la cause la plus probable.
Autres causes secondaires : transfusions répétées, anémies hémolytiques, traitements/suppléments de fer
Certaines situations apportent du fer « de l’extérieur ». Les transfusions répétées, par exemple dans certaines maladies hématologiques chroniques, peuvent conduire à une surcharge progressive importante. Ici, le contexte médical est généralement déjà bien identifié.
D’autres situations libèrent du fer à partir des globules rouges, comme certaines anémies hémolytiques chroniques ou troubles hématologiques spécifiques. L’interprétation dépend alors d’autres paramètres sanguins et de l’histoire médicale. On ne peut pas conclure sur un chiffre isolé.
Les compléments ont aussi leur place dans l’équation. Un traitement par fer poursuivi trop longtemps après correction d’une carence peut entretenir des marqueurs élevés chez certaines personnes. Et, bien sûr, certaines hyperferritinémies sont liées à des maladies inflammatoires ou infectieuses chroniques, où la CRP aide beaucoup à comprendre ce qui se joue derrière le résultat.
| Cause possible | Ferritine | Saturation transferrine | CRP/inflammation | Indices associés |
|---|---|---|---|---|
| Hémochromatose HFE | Souvent élevée | Souvent élevée | Souvent normale | Antécédents familiaux |
| Inflammation/infection | Élevée | Souvent normale | Élevée | Symptômes inflammatoires |
| Stéatose hépatique/alcool | Élevée | Variable | Variable | Gamma-GT/transaminases |
| Transfusions répétées | Élevée | Souvent élevée | Variable | Contexte hématologique |
| Suppléments/traitement par fer prolongé | Modérément élevée | Variable | Plutôt normale | Prise documentée |
Ce tableau donne des tendances générales seulement ; votre médecin tranchera selon votre situation complète.
Symptômes : comment repérer une surcharge en fer (même quand tout semble normal)
Le défi est simple : la surcharge en fer peut rester silencieuse longtemps, puis laisser des traces durables si l’on tarde trop. D’où l’intérêt d’une lecture structurée des résultats, même en l’absence de symptômes. On cherche à agir avant les complications, pas après.
Symptômes précoces (fatigue, baisse de libido, douleurs articulaires/arthralgies) et pourquoi ils sont peu spécifiques
La plainte la plus fréquente est la fatigue chronique. Elle ressemble à beaucoup d’autres fatigues : sommeil de mauvaise qualité, stress prolongé, troubles thyroïdiens ou carences diverses. Difficile d’en faire un signe fiable à lui seul.
Les arthralgies, notamment aux mains (articulations métacarpo-phalangiennes) ou aux grosses articulations (genoux, chevilles, poignets), peuvent apparaître tôt chez certains profils. Mais ces douleurs sont très courantes dans la population générale. Il faut donc éviter de surinterpréter.
La baisse de libido ou certains troubles hormonaux peuvent se voir lorsque les dépôts touchent progressivement l’axe endocrinien. Cela reste variable selon les personnes, l’âge, et la durée d’évolution. C’est précisément pour cela qu’on croise les symptômes avec le bilan martial et le contexte.
Signes tardifs et complications : diabète « bronzé », atteinte du foie, du cœur, de la peau
Quand la surcharge persiste pendant des années sans prise en charge adaptée, elle peut toucher plusieurs organes : foie, pancréas, cœur, peau, articulations et glandes endocrines. C’est à ce stade que surviennent les complications que l’on cherche à éviter. Le dépistage précoce a justement pour but de ne pas en arriver là.
Le fameux diabète « bronzé » associe diabète et pigmentation cutanée plus foncée, liée aux dépôts et aux modifications tissulaires. Il est devenu moins fréquent grâce à des diagnostics plus précoces, mais il reste emblématique. Il rappelle que l’excès de fer peut avoir des conséquences systémiques.
Sur le plan cardiaque, une surcharge importante peut contribuer à une cardiomyopathie avec essoufflement, palpitations, intolérance à l’effort. Au niveau hépatique, l’évolution peut aller vers la fibrose puis la cirrhose. Et en cas de cirrhose, le risque augmente pour certains cancers comme le carcinome hépatocellulaire.
Les symptômes d’une surcharge en fer peuvent parfois être confondus avec d’autres problèmes de santé. Par exemple, les signes de l’alcoolisme sur le visage et la peau peuvent également masquer des problèmes sous-jacents.
Examens et lecture des résultats : notre méthode pour y voir clair
On gagne énormément en clarté quand on s’appuie sur quatre piliers : ferritine, saturation, CRP et bilan hépatique. Cette approche limite les fausses alertes et évite de passer à côté d’une surcharge réelle. Elle permet aussi de hiérarchiser les causes probables.
Le coefficient de saturation de la transferrine comme pivot pour suspecter une surcharge
S’il fallait choisir un indicateur pivot, ce serait souvent le coefficient de saturation de la transferrine (CST). Une saturation franchement augmentée suggère que trop de fer circule lié à sa protéine porteuse. Cela colle davantage avec une surcharge en fer qu’avec une hyperferritinémie purement inflammatoire.
À l’inverse, une ferritine haute avec un CST normal oriente plus souvent vers l’inflammation, une atteinte du foie ou un contexte métabolique. Il existe des exceptions, mais cette règle simple évite bien des conclusions hâtives. Elle sert de boussole.
En pratique, l’interprétation tient compte du sexe et de l’âge. Les femmes avant la ménopause expriment parfois plus tard une surcharge, car les menstruations diminuent naturellement les réserves. Après la ménopause, le profil peut changer et justifier une relecture.
Arbre décisionnel clair : ferritine élevée avec saturation normale vs saturation élevée (conduite à tenir)
Quand le laboratoire montre une ferritine élevée, on commence par vérifier si le CST est normal ou élevé. Cette première bifurcation guide la discussion avec le médecin, sans se diagnostiquer soi-même. Elle permet de choisir des examens pertinents plutôt que de tout faire d’un bloc.
Si la ferritine est élevée et le CST normal, on recherche des marqueurs d’inflammation comme la CRP et on regarde le foie (transaminases, gamma-GT). On passe aussi en revue les facteurs métaboliques : tour de taille, triglycérides, glycémie, tension artérielle. Souvent, le tableau s’éclaire rapidement.
Si la ferritine est élevée et le CST élevé de façon persistante, la suspicion de surcharge en fer augmente. On discute alors des étapes de confirmation : répéter le bilan dans de bonnes conditions, réaliser un test génétique HFE quand c’est cohérent, et parfois une imagerie pour quantifier le fer hépatique. L’objectif est de confirmer une surcharge réelle, pas de se contenter d’un signal biologique.
Un détail compte : les chiffres fluctuent. Refaire un bilan après avoir corrigé des facteurs perturbateurs (infection récente, alcool, effort intense) peut éviter des semaines d’inquiétude ou des examens inutiles. Parfois, c’est aussi simple que cela.
| Situation biologique courante | Hypothèse principale évoquée | Prochaines vérifications utiles |
|---|---|---|
| Ferritine élevée + CST normal | Inflammation, stéatose, alcool, cause secondaire fréquente | CRP, bilan hépatique, évaluation métabolique |
| Ferritine élevée + CST élevé persistant | Surcharge en fer probable, suspicion d’hémochromatose HFE | Répéter bilan martial, test HFE, imagerie |
| Fer sérique variable seul (élevé ou bas) | Variation ponctuelle peu interprétable seule | Refaire avec bilan complet |
| Ferritine très élevée + signes généraux importants | Cause inflammatoire majeure ou maladie systémique à discuter | Évaluation médicale rapide, bilan inflammatoire et hépatique approfondi |
Ce tableau oriente, mais ne remplace pas une interprétation médicale adaptée à votre situation.
Quand aller plus loin (IRM hépatique, test génétique HFE, parfois biopsie) et à quoi ça sert
Si la suspicion persiste, le médecin peut proposer un test génétique HFE (mutations C282Y ou H63D). Ce test aide à confirmer une hémochromatose héréditaire lorsqu’il est cohérent avec la biologie et le contexte clinique. Il ne se lit jamais isolément.
Pour évaluer une surcharge tissulaire réelle, une IRM hépatique avec quantification du fer peut être réalisée dans certaines situations. Elle estime le dépôt de fer dans le foie de manière non invasive. Elle aide aussi à décider de l’intensité du suivi et, parfois, du rythme de traitement.
Dans des cas plus rares ou complexes, une biopsie du foie peut être discutée. Elle est aujourd’hui moins fréquente, mais reste utile si l’on doit évaluer le stade de fibrose ou clarifier une pathologie hépatique mixte lorsque l’imagerie et la biologie ne suffisent pas. Quand les enzymes hépatiques suggèrent une atteinte, on recherche aussi des cofacteurs (alcool, stéatose métabolique), car ils influencent le pronostic et les priorités de prise en charge.
Prise en charge médicale : comment faire baisser le fer en toute sécurité
Une fois la cause identifiée (ou fortement suspectée), la stratégie change. Si une surcharge en fer est confirmée, l’objectif est de retirer l’excès de fer. Si la ferritine élevée reflète surtout une inflammation ou un problème hépatique, on traite d’abord le moteur principal.
Saignées thérapeutiques (phlébotomies) : objectif, rythme, tolérance, suivi
Dans l’hémochromatose héréditaire avec surcharge confirmée, le traitement de référence reste la phlébotomie (saignée thérapeutique). Le principe est simple : retirer du sang oblige l’organisme à utiliser le fer stocké pour fabriquer de nouveaux globules rouges. C’est efficace, bien codifié, et généralement bien toléré.
Le rythme dépend de la surcharge initiale et de la tolérance. Certaines personnes commencent chaque semaine ou toutes les deux semaines pendant une phase dite d’induction, puis espaceraient ensuite en phase d’entretien. Le suivi inclut l’hémoglobine, pour éviter de provoquer une anémie.
Les objectifs varient selon les protocoles et les profils, mais beaucoup de prises en charge visent une ferritine dans une zone basse-normale, tout en gardant une hémoglobine stable. La décision revient au médecin, en s’appuyant sur les recommandations et les comorbidités. Une bonne hydratation et une organisation « comme un don du sang » facilitent souvent la tolérance.
Chélateurs du fer (déférasirox, défériprone) : dans quels cas, limites et surveillance
Les chélateurs du fer sont des médicaments qui se lient au fer pour permettre son élimination. Ils sont surtout utilisés lorsque la phlébotomie n’est pas possible, ou quand la surcharge est liée à des transfusions répétées. Deux molécules souvent citées sont le déférasirox et la défériprone.
Ces traitements demandent une surveillance rigoureuse, car ils peuvent entraîner des effets indésirables (notamment rénaux, hépatiques ou digestifs selon la molécule et le terrain). Ce n’est pas une alternative « simple » ni une solution à envisager sans encadrement. La décision est spécialisée et personnalisée.
Dans l’hémochromatose héréditaire sans dépendance transfusionnelle, les chélateurs ne sont généralement pas le traitement de première intention. La phlébotomie reste la stratégie la mieux établie lorsque c’est faisable. Si vous lisez des choses sur la chélation, gardez ce repère : c’est un traitement médical, pas un ajustement de routine.
Dépistage familial si hémochromatose : qui tester, quand, quels examens
Si une hémochromatose héréditaire est confirmée chez une personne, le dépistage familial peut devenir pertinent. Les apparentés du premier degré discutent souvent d’un dépistage, car un diagnostic précoce évite les complications d’organes. Et il apporte aussi, très simplement, de la tranquillité d’esprit quand tout est normal.
Le dépistage commence en général par la biologie : ferritine et CST. En cas d’anomalie, ou s’il existe une histoire familiale forte, un test génétique HFE peut être proposé selon les recommandations locales. Le médecin choisit la stratégie la plus adaptée.
Le moment du dépistage compte. L’expression dépend de l’âge, du sexe, du statut hormonal et de facteurs de mode de vie comme l’alcool. Chez l’adulte jeune, l’approche est adaptée au type de mutation familiale et au contexte clinique. L’idée n’est pas d’inquiéter, mais d’anticiper intelligemment.
Pour compléter votre compréhension de la santé hépatique, il est essentiel de savoir comment baisser les gamma-GT et régénérer votre foie, surtout en cas de surcharge en fer.
Alimentation et hygiène de vie : ajuster sans tomber dans l’excès
L’alimentation peut aider, mais elle ne remplace ni le diagnostic ni le suivi. On cherche surtout à réduire ce qui favorise une absorption excessive, tout en gardant une alimentation équilibrée. Et, dans beaucoup de situations, l’enjeu principal est aussi métabolique et hépatique.
Ce qui favorise l’absorption (viande rouge/abats, alcool, vitamine C forte dose) et comment modérer
Le fer héminique de la viande rouge et des abats est mieux absorbé que le fer d’origine végétale. En cas de surcharge confirmée (ou fortement suspectée), réduire la fréquence peut être utile, sans forcément « tout interdire ». La régularité et les portions comptent souvent plus qu’un interdit ponctuel.
Les abats, notamment le foie, sont particulièrement riches en fer. Les garder occasionnels plutôt qu’habituels peut avoir du sens selon votre plan de prise en charge. Là encore, on ajuste au cas par cas, en restant pragmatique.
L’alcool augmente le stress hépatique et peut s’associer à des perturbations biologiques (dont la gamma-GT). Si le bilan hépatique est altéré ou si une stéatose est suspectée, réduire l’alcool améliore souvent le terrain global. La vitamine C augmente l’absorption du fer non héminique ; les compléments à forte dose pris avec les repas peuvent donc être discutés avec le médecin.
Ce qui peut freiner l’absorption (thé/café, calcium, fibres) avec précautions et exemples de repas
Certains éléments alimentaires diminuent l’absorption intestinale du fer non héminique. Le thé et le café, riches en polyphénols, peuvent réduire l’absorption lorsqu’ils sont consommés autour des repas. Ce n’est pas une « solution miracle », mais un levier simple.
Le calcium peut aussi concurrencer l’absorption du fer au niveau intestinal. Un produit laitier au même repas peut donc modérer l’absorption de certaines sources végétales. Il faut toutefois garder l’équilibre : les besoins en calcium restent importants, notamment avec l’âge.
Les fibres et les phytates des céréales complètes et des légumineuses réduisent également l’absorption. Bonne nouvelle : ces aliments soutiennent la santé métabolique, qui est souvent au cœur des hyperferritinémies sans surcharge majeure. Exemple de repas : une salade de lentilles avec légumes, un yaourt, puis un café peut convenir à certaines personnes suivies pour surcharge, tout en restant nutritif.
Médicaments et compléments à éviter/discuter (fer, multivitamines, vitamine C) + cas particuliers
Premier réflexe : vérifier les étiquettes des compléments. Beaucoup de multivitamines contiennent du fer, même lorsqu’il n’est pas nécessaire. Si vos réserves sont déjà élevées ou si une surcharge est suspectée, mieux vaut en parler avant de poursuivre.
La supplémentation en fer n’a de sens que si une carence (ou une anémie ferriprive) est documentée, ou si une situation particulière le justifie médicalement. Même logique pour la vitamine C à forte dose : elle n’est pas « mauvaise » en soi, mais peut être inadaptée si elle est prise au mauvais moment, notamment avec des repas riches en fer.
Certains cas demandent une attention particulière. En cas de grossesse ou de projet de grossesse, les besoins changent et les décisions se font au cas par cas. Chez les sportifs d’endurance, l’inflammation d’effort peut influencer certains marqueurs. Chez les personnes végétariennes, la surcharge vraie est moins fréquente, mais une ferritine élevée peut refléter une autre cause, notamment inflammatoire ou hépatique. Après la ménopause, l’équilibre du fer évolue et la surveillance peut devenir plus pertinente.

Notre feuille route pour avancer sereinement (et éviter complications)
Commencez par confirmer ce que signifie vraiment le marqueur. Si besoin, refaites un bilan martial complet avec le CST, ajoutez une CRP, et vérifiez un bilan hépatique (transaminases, gamma-GT). Dans beaucoup de cas, cette étape suffit déjà à distinguer une surcharge en fer d’un signal inflammatoire ou hépatique.
Ensuite, discutez des examens de deuxième intention si le profil le justifie. Le test génétique HFE est pertinent quand l’association ferritine élevée + saturation élevée persiste et que le contexte s’y prête. Une IRM hépatique de quantification du fer peut aider à trancher sur la surcharge tissulaire, et une biopsie n’est envisagée que dans des situations ciblées, notamment pour évaluer la fibrose.
Si une surcharge est confirmée, suivez un plan clair : phlébotomies avec objectifs définis, surveillance de l’hémoglobine et des marqueurs (ferritine, CST) à intervalles adaptés, et prise en charge des cofacteurs comme l’alcool ou la stéatose. Cette combinaison protège le foie, le cœur et le pancréas sur le long terme. Et c’est précisément ce qui réduit le risque de complications.
Enfin, gardez un suivi réaliste. Les contrôles sont souvent rapprochés au début, puis s’espacent en phase d’entretien selon l’avis du médecin. On avance avec un professionnel de santé, pas seul, et on ajuste selon que le moteur est une inflammation, une atteinte hépatique ou une surcharge en fer confirmée.
Foire aux questions
Qu’est-ce que cela signifie d’avoir trop de fer dans le sang ?
Avoir trop de fer dans le sang, souvent indiqué par une ferritine élevée, peut signifier plusieurs choses. Cela peut être lié à une inflammation, une surcharge en fer dans les organes, ou des conditions comme l’hémochromatose. Un bilan martial complet est nécessaire pour comprendre la situation exacte.
Comment différencier une inflammation d’une surcharge en fer ?
Une ferritine élevée avec un coefficient de saturation de la transferrine normal suggère souvent une inflammation. En revanche, une saturation élevée peut indiquer une surcharge en fer. Il est important de considérer d’autres marqueurs comme la CRP pour clarifier la situation.
Quels sont les symptômes d’une surcharge en fer ?
Les symptômes peuvent inclure fatigue, douleurs articulaires et baisse de libido. Ces signes sont peu spécifiques et peuvent être confondus avec d’autres conditions. Un dépistage précoce est crucial pour éviter des complications graves comme le diabète ou des problèmes cardiaques.
Quand faut-il envisager un test génétique HFE ?
Un test génétique HFE est pertinent si la ferritine et la saturation de la transferrine sont élevées de manière persistante, surtout si des antécédents familiaux d’hémochromatose existent. Cela aide à confirmer une hémochromatose héréditaire et à adapter la prise en charge.
L’alimentation peut-elle influencer les niveaux de fer ?
Oui, certains aliments comme la viande rouge et l’alcool augmentent l’absorption de fer. Réduire leur consommation peut être bénéfique si une surcharge est suspectée. Par ailleurs, le thé et le café peuvent diminuer l’absorption du fer non héminique lorsqu’ils sont consommés pendant les repas.